La relève

EN 1969, L’EQUIPE DE L’AIDE AUX PERSONNES DEPLACEES PREND LA RELEVE

L’ « Action Etudiants Etrangers », d’abord destinée à des étudiants africains réfugiés en Belgique, s’étend à d’autres nationalités. Il s’agit d’un programme de bourses d’études accompagné d’un travail social pour la recherche d’un logement, d’une famille d’accueil, d’un job. Pendant les vacances, les « Sessions de Travail » rassemblent à Huy des jeunes de toutes nationalités. En journée, ils donnent un coup de main. Le soir, ils se retrouvent et refont le monde.

Nés d’une rencontre entre Dominique Pire et le Dalaï Lama, les « Parrainages Mondiaux » prennent eux aussi de l’ampleur. Au départ, ils consistaient en une aide financière destinée à faire face aux frais scolaires d’enfants réfugiés qui correspondaient avec leur « parrain ». Sous cette forme classique, les parrainages s’étendent à l’Ouganda, au Liban. Se basant sur les projets exprimés par les réfugiés eux-mêmes, ils prennent ensuite des formes très diverses : une école artisanale pour les réfugiés rwandais au Burundi, un jardin d’enfants pour les réfugiés latinos à Madrid, une ferme-école au Nicaragua. Les 18.000 parrainages de personnes déplacées se terminent au fil des années. Cette forme d’aide et de relation est alors orientée vers d’autres réfugiés (Afrique – Amérique Latine – Asie) victimes des dictatures et des conflits qui ont souvent suivi la décolonisation. Après le coup d’état au Chili en 1973, le gouvernement belge décide d’accueillir un contingent de réfugiés. Avec une dizaine d’autres organisations, l’Aide aux Personnes Déplacées crée, en écho à cette décision, le Collectif d’accueil des réfugiés du Chili (Colarch). Une nouvelle fois, ce seront les réfugiés qui orienteront les projets de l’association. Sous leur impulsion, l’Aide aux Personnes Déplacées décide de déployer son programme de parrainages en Amérique Latine : orphelins et enfants de prisonniers politiques au Chili, syndicalistes en Argentine et en Uruguay, enfants victimes d’actes terroristes au Pérou.

Au début des années 80, le home de Braine-le-Comte, qui avait accueilli des personnes déplacées dès 1954, se transforme en maison de transit pour de nouveaux réfugiés. Participant au programme d’accueil gouvernemental belge, l’Aide aux Personnes Déplacées héberge des réfugiés du Sud-est asiatique. D’autres nationalités suivront, au fil des conflits qui secouent la planète. En 2002, sur injonction des pouvoirs publics, les Parrainages mondiaux sont devenus une asbl autonome « ADPM» qui, pour aider les réfugiés dans les pays du Sud, encourage la scolarisation et la formation professionnelle de leurs enfants. C’est aux réfugiés présents dans notre pays que l’APD pour sa part prête assistance ; un service social est en place à Huy, à Liège, à Namur, à Mons et à Braine-le-Comte, où l’association dispose aussi d’une maison d’accueil.

Depuis les années 80, les temps ont changé. L’étranger n’est plus le bienvenu. La crise aidant, il est perçu comme une menace. Partout en Europe, les frontières se sont progressivement cadenassées. Sur le terrain, les tâches du service social se diversifient. Soutenir dans les démarches administratives ne suffit plus. Il faut maintenant aider les demandeurs à se faire entendre devant les institutions d’asile. Malgré un contexte général peu favorable, l’association enregistre la multiplication des gestes d’ouverture et de solidarité manifestés par de simples citoyens. L’Aide aux Personnes Déplacées y voit la justification de sa détermination à changer le cours des choses.

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